Hello tout le monde ! J’espère que vous allez bien et que vous passez une bonne semaine 🙂 Il y a quelques semaines j’ai publié une légende un peu plus personnelle que d’habitude sur Instagram pour vous parler d’un sujet sur lequel je travaille beaucoup en ce moment : me libérer du regard des autres.

Comme je vous le racontais dans cet article, j’ai profité de ma digital detox de début d’année pour faire un gros point sur ma vie et me libérer du regard/jugement des autres est l’une de mes priorités depuis janvier, en solo et également grâce à l’accompagnement d’une hypnothérapeute qui m’aide beaucoup.

Nous cherchons tous la valorisation des autres

Chercher la valorisation d’autrui est une tendance naturelle qui nous est commune à tous en tant qu’être humain : c’est normal et personne n’y échappe, même si nous y sommes tous sensibles à différents niveaux. Le regard des autres, même s’il peut évidemment être valorisant, peut aussi conduire à l’anxiété (je vous parlais d’ailleurs de ce sujet dans mon article de la semaine dernière sur l’anxieté), à l’autodépréciation, à la rumination mentale ou à l’inaction par peur d’être jugé.e. C’est là que cela devient problématique.

Nous sommes nombreux à déployer des efforts colossaux au quotidien pour éviter d’être jugé.e.s négativement par les autres, cherchant au contraire à tout faire pour être apprécié.e de tous. Avoir peur du regard des autres peut prendre de multiples formes : ne pas oser prendre la parole en classe à l’école, être incapable de confronter ses proches sur un sujet, ne pas savoir exprimer ses envies et ses désirs de façon claire, ne pas oser demander une augmentation de salaire au travail, ne pas réussir à affirmer une opinion contraire à celle de quelqu’un, fuir le débat ou la confrontation par peur d’être rejeté.e, etc.

Vous l’aurez compris, lorsqu’on vit pour l’approbation des autres et que c’est sur cela que l’on base son épanouissement personnel, on peut vite se retrouver malheureux.se et, au final, ne pas réussir à être 100% soi-même, s’adaptant en permanence selon les situations afin de ne froisser personne. Vouloir plaire aux autres et éviter la critique à tout prix nous pousse souvent à nous conformer, à mettre nos individualités ou nos convictions de côté et à moins oser, par peur d’être mis.e à l’écart.

Mon histoire avec le jugement des autres

J’ai personnellement toujours cherché à être appréciée, à ne pas froisser, à ne pas décevoir et de manière générale j’évite au maximum le conflit. Ce sont d’ailleurs des valeurs qui sont d’ailleurs traditionnellement inculquées aux petites filles dans l’éducation (être sage, calme, polie, ne pas provoquer, être aimable pour être appréciée, ne pas faire de vagues…).

Dans ma vie, je me suis souvent empêchée d’être vulnérable et/ou de partager certaines choses, car j’avais peur du regard ou du jugement. Finalement, il était plus simple pour moi de me cacher derrière une façade de perfection pour me protéger et continuer d’avancer.

Mon burnout de l’an dernier et ma pause de 1 mois en début d’année m’ont fait prendre conscience de beaucoup de choses. Je me suis rendue compte qu’essayer d’être parfaite était épuisant et finalement pas si attrayant que ça. Lorsque j’ai décidé de faire une pause d’un mois (et de ne pas publier sur mon blog ni mes réseaux sociaux pendant cette période, ce qui n’était jamais arrivé en presque 13 ans de blogging), je l’ai d’abord vécu comme un échec : j’avais l’impression de ne pas avoir été assez forte pour tenir la cadence, l’impression de vous abandonner (ma communauté), je ressentais un sentiment de honte de de devoir annoncer « publiquement » que j’étais au bout du rouleau… et puis un jour, pendant ma pause, j’ai finalement réalisé que c’était finalement une force de ne pas être parfaite, de savoir s’avouer sa propre vulnérabilité et d’avoir le courage de la partager avec les autres.  J’ai compris que cela me rendrait finalement plus humaine et que les gens qui me suivent se sentiraient plus proches de moi et plus connectés à mon histoire.

M’affranchir du jugement des autres est mon grand challenge de l’année : oser davantage et ne plus me focaliser sur le risque d’être critiquée, mais plutôt sur la possibilité d’inspirer, de créer l’échange et d’ouvrir la discussion tout en continuant évidemment d’accueillir à bras ouverts la critique constructive qui fait grandir et qui ouvre les yeux. Je me sens déjà beaucoup plus en phase avec moi-même depuis que j’accepte ma vulnérabilité et que la perfection n’est plus le but ultime de mon existence.

Se libérer du regard des autres quand on est une « personne publique »

Que l’on soit une personne « publique » comme moi ou non, les réseaux sociaux sont souvent associés à un besoin de reconnaissance et de validation de ce que l’on est/de ce que l’on fait (la recherche d’approbation via les likes ou le nombre de followers par ex) et je pense qu’ils ont eu un impact fort sur la manière dont on perçoit le regard des autres. Sur les réseaux sociaux, on partage nos vies, nos vacances, notre nouvelle coupe de cheveux, les recettes que l’on réalise… et on base parfois, à tort, le succès ou la valeur de ces choses sur le nombre de likes qu’une photo recevra.

Évidemment, quand les réseaux sociaux sont au coeur de notre métier comme c’est mon cas, le challenge de se détacher du regard des autres est d’autant plus difficile. Réussir à ne pas se dévaloriser, à ne pas se laisser affecter par les retours et commentaires parfois abrasifs et durs, à ne pas se comparer, à ne pas succomber à la pression… c’est un challenge de tous les jours !

J’ai pleinement conscience que c’est mon choix d’avoir fait de mon blog mon métier et que me confronter au regard et au jugement des autres fait partie du jeu. Et mon envie n’est absolument pas de ne plus recevoir de critiques négatives, car je pense au contraire que cela est essentiel pour avancer, quand elles sont exprimées de manière constructive ! Je ne censure jamais les commentaires et je saisis honnêtement chaque occasion de me remettre en question, même si ce n’est pas toujours évident.

Mais parfois, les choses sont exprimées sans tact, peuvent faire mal et être difficiles à encaisser. Je suis confrontée à des critiques que l’on ne m’exprimerait jamais au visage en face à face. C’est dur d’accepter que, parce qu’un écran nous sépare, certaines personnes pensent que nous ne sommes pas humain.e.s et que nous n’avons pas de sentiment. Comme je suis de nature à prendre les choses très à coeur (et à ruminer!), certains commentaires m’ont parfois profondément fait du mal, surtout lorsque je commençais à ressentir les premiers signes de burnout.

Le pire dans tout cela c’est que, pendant des années, l’anticipation de ces potentielles critiques négatives bridait mon travail : je ne faisais pas certaines choses ou n’abordais pas certains sujets par peur de la critique. Au lieu de me focaliser sur le fait que j’aurais pu inspirer des gens, fait découvrir des choses, enclencher des réflexions, je me focalisais sur le fait que certains puissent me critiquer.

Mes conseils pour se libérer du regard des autres

Même s’il serait illusoire d’imaginer pouvoir totalement se détacher de ce que pensent les autres de nous, voici quelques astuces que j’essaie de mettre en place pour m’accompagner sur ce cheminement de me libérer du regard des autres. Il n’y a pas de recette miracle, mais ces réflexions me font du bien et m’aident à prendre du recul !

Se connaître soi-même 

Avoir pleinement conscience de qui l’on est, de nos forces et de nos faiblesses, de nos valeurs, de nos limites et de nos talents est un excellent moyen pour se protéger des critiques et du jugement d’autrui. Je dis toujours que le plus important dans la vie est d’être « droit dans ses bottes »: quand on sait ce que l’on vaut et ce que l’on est, les critiques « glissent » plus facilement sur nous, même si elles peuvent occasionnellement faire mal et paraître injustes (je déteste l’injustice alors c’est vraiment le plus dur à encaisser pour moi).

Finalement, quand on ne prend pas le temps de se définir soi-même, ce sont les autres qui le font pour nous. Nous vivons à une époque et dans une société où les gens se jugent très rapidement et parfois même sans se connaître ! En apprenant à se connaître soi-même, on se protège du jugement des autres car ce n’est plus le regard extérieur qui nous définit.

Donner de l’importance à son propre regard

Pourquoi systématiquement donner plus d’importance à ce que pensent les autres qu’à ce que l’on pense soi-même ? Si l’on est fier.e ou satisfait.e de quelque chose, pourquoi avoir besoin de l’aval des autres pour ressentir cette fierté ou satisfaction ? Pourquoi tout remettre en cause si une personne extérieure ne partage pas notre avis ?

Apprendre à valoriser notre propre regard et notre propre opinion est un bon exercice qui nous permet de moins dépendre de l’avis des autres. Si vous adorez votre nouvelle coupe de cheveux, pourquoi attendre d’avoir la « validation » de tous vos proches pour l’apprécier pleinement ?

Être en accord avec soi-même et ses valeurs c’est apprendre à booster sa confiance en soi et ainsi, être moins perméable aux critiques. J’adore cette phrase de Michelle Obama : « Success isn’t about how your life looks to others, it’s about how it feels to you », en français «La réussite ne dépend pas de ce à quoi ressemble ta vie aux yeux des autres, mais de ce que ta vie représente pour toi. »

Accepter qu’il est impossible de plaire à tout le monde

Vouloir plaire aux autres et éviter la critique à tout prix nous pousse souvent à nous conformer, à mettre nos individualités ou nos convictions de côté et à moins oser, par peur d’être rejeté.e ou jugé.e. Cela nous empêche aussi souvent de créer des choses, de lancer des projets ou tout simplement de nous exprimer, nous privant ainsi d’ambitions ou d’échanges qui apporteraient de la valeur à notre existence.

Comme le dit très justement Clotilde Dussoulier dans son épisode du podcast Change Ma Vie sur le regard des autres : « les êtres humains n’ont de consensus sur rien » : nous sommes tous uniques, avec des valeurs et des philosophies de vie différentes et PERSONNE ne peut plaire à tout le monde.

J’ai adoré l’astuce que donne David Laroche dans sa vidéo « comment se libérer du regard des autres » : aller lire les critiques négatives de son film préféré sur Allociné ou IMDB pour se rendre compte que personne n’a la même perception des choses et que ce qui plaît à l’un ne peut pas toujours plaire à l’autre. Mon film préféré au monde est Forrest Gump : c’est le premier « vrai » film que je me souviens avoir vu lorsque j’étais enfant et c’est lui qui a fait naître ma passion pour le cinéma. Je trouve ce film tellement beau et touchant, j’en ai les larmes aux yeux rien que d’y penser !

Et pourtant, en allant lire les commentaires sur Allociné, j’ai lu des choses telles que « Gros navet à l’horizon», «Forrest Gump est aussi et surtout une succession d’historiettes lourdingues sans le moindre intérêt » ou encore « pire que nul, tout à fait méprisable. » Ça été une grosse prise de conscience pour moi (et un soulagement aussi) que de réaliser que ce film que j’ai tant aimé, qui m’a tant touchée et qui est à l’origine de mon immense passion pour le cinéma, a été sincèrement détesté, par d’autres. C’est vraiment l’exemple parfait pour se rendre compte que l’on ne peut pas plaire à tout le monde et que certaines choses inspirent les gens et ont un impact positif sur eux alors qu’elles ne veulent rien dire pour d’autres. Est-ce que j’aime moins ce film pour autant ? Certainement pas !

Il est impossible d’anticiper ce que pensent les autres

Comme je vous le disais dans mon article sur l’anxiété, l’anticipation de scénarios hypothétiques à venir est l’une de mes spécialités en tant qu’anxieuse ! Je perds parfois tellement de temps à réfléchir, ruminer et imaginer les hypothétiques critiques négatives que je pourrais recevoir que je me rends folle ! « Si je fais ça, peut-être que quelqu’un va pas penser ça », « si j’écris ça, peut-être que quelqu’un va me critiquer sur ça », etc.

La vérité c’est qu’on ne peut pas absolument pas anticiper ce que pensent les autres : de toutes les hypothétiques critiques que j’ai imaginé recevoir, quasiment aucun ne m’a été faite. Et au contraire, c’est parfois en postant un contenu qui n’appelait pas particulièrement à la critique que j’en ai reçu le plus. Par conséquent, se brider par peur de ce que pourraient dire ou penser les autres n’a n’aucun sens !

De manière générale dans la vie, apprendre à ne pas se focaliser sur ce qui pourrait mal se passer, mais plutôt sur ce qui pourrait bien se passer est précieux. Pour reprendre les mots de J.K Rowling prononcés par Newt Scamander :  « s’inquiéter c’est souffrir deux fois« . C’est si vrai ! J’essaie de le rappeler souvent.

D’autre part, n’oublions pas que, de manière générale, l’être humain est plutôt centré sur lui-même : les gens ne pensent pas autant à nous et nos actions que nous l’imaginons, je vous le promets ! On se ronge souvent les sangs pour des choses que les autres ont oublié depuis bien longtemps.

Un exemple : comme je le disais plus haut je réponds toujours aux commentaires négatifs que je reçois sur mon blog. Je ne censure rien et j’essaie au contraire d’initier l’échange constructif en répondant toujours aux commentaires négatifs qui me sont laissés, pour mieux comprendre le point de vue de la personne qui écrit et pouvoir exposer le mien. Or, dans 90% des cas, la personne ne répond jamais à mon commentaire de réponse, très certainement car elle ne vient absolument pas voir si je lui ai répondu ! Cela prouve bien que cette personne est simplement venue déposer un commentaire négatif sans aucune volonté de créer l’échange et que, pour elle, le commentaire est aussi vite laissé qu’il est oublié. Par conséquent j’essaie de m’entraîner à ne pas ruminer ou me laisser affecter trop profondément par une critique initiée par quelqu’un qui a déjà oublié l’avoir faite !

Accepter de se montrer vulnérable

Bien souvent on se refuse à faire ou partager des choses par peur que les autres nous rejettent, car ils découvriront nos faiblesses, nos doutes et nos paradoxes. Or, en dévoilant notre vulnérabilité ouvertement, en livrant notre histoire avec des éléments de contexte, en assumant courageusement d’être imparfait.e, on invite finalement bien plus au partage et aux échanges profonds, riches et authentiques qu’au jugement et à la critique. Notre vulnérabilité est ce qui nous rend unique !

Sur ce sujet si vous ne connaissez pas le travail de Brené Brown je vous le recommande chaudement, notamment sa conférence Ted « Le Pouvoir de la Vulnérabilité » qui m’a énormément ouvert les yeux sur ce sujet.

Pour aller plus loin

Le podcast Change Ma Vie de Clotilde Dussoulier est formidable (je vous l’avais déjà recommandé dans cet article sur mes podcats favoris) et plusieurs de ces épisodes traitent le sujet du regard des autres en offrant des conseils et astuces pratiques qui m’ont personnellement aidée. Je vous le recommande chaudement !

Le documentaire de Taylor Swift sur Netflix, Miss Americana, m’a énormément touché et a fait grandement écho en moi en abordant cette problématique de regard des autres et cette volonté de se conformer pour plaire. J’ai trouvé Taylor Swift hyper touchante dans ce documentaire.

J’ai aussi beaucoup aimé cette vidéo de David Laroche (que je cite plus haut) qui donne des astuces pour se libérer du regard des autres et ouvre des pistes de réflexion intéressantes.

Je vous conseille grandement le travail de Brené Brown qui est exceptionnel. En lien avec le sujet de cet article, vous pouvez regarder sa conférence Ted « Le Pouvoir de la Vulnérabilité » et sa conférence Ted « Ecouter La Honte ». Vous pouvez activer les sous-titres en français sur ces vidéos. Tous ses livres sont formidables, je vous les recommande chaudement !

J’ai adoré l’essai « Seagulls » de Joshua Fields Millburn sur le blog The Minimalists : court, mais efficace et qui m’a permis de prendre du recul sur les critiques négatives et non constructives.

Enfin, j’ai beaucoup apprécié l’essai On Critics, Criticism & Remarkability de Seth Godin.

Et vous ?

Est-ce que le regard des autres a un impact sur vous, votre vie, vos décisions ? Comment le gérez-vous au quotidien ? Avez-vous des conseils à partager ?

Je vous souhaite une belle semaine et à très vite !