Après notre article sur notre matériel photo et vidéo numérique, aujourd’hui on se retrouve avec un article pour parler photo argentique ! Cela fait bientôt un an que Vincent et moi avons investi dans un appareil photo argentique et nous prenons beaucoup de plaisir à nous en servir. Nous avons fait beaucoup de photos avec durant nos différents voyages de l’an dernier : aux États-Unis, Hawaï et au Canada l’an dernier, mais aussi en Provence (je vous en montre d’ailleurs un aperçu dans cet article) et je dois dire que ce sont des souvenirs tout particuliers.

Je trouve que les photos à l’argentique ont quelque chose de plus unique et mystérieux que des clichés à l’appareil photo numérique (comme le Sony A7 III que nous utilisons au quotidien) dont on peut voir le résultat immédiatement (et recommencer s’il ne nous convient pas à 100%). Finalement je trouve que c’est « l’imperfection » de l’argentique qui lui donne tout son charme et sa singularité !

Pour cet article je vais laisser la parole à Vincent, car c’est lui qui s’est le plus penché sur la technique de l’argentique, le choix de l’appareil, les pellicules, le développement, etc. J’espère que l’article vous sera utile et n’hésitez pas à nous poser vos questions si vous en avez !

Pourquoi photographier en argentique ?

C’est drôle, car utiliser un appareil argentique attire souvent l’attention : les gens adorent le design de notre appareil photo (authentiquement rétro puisqu’il a été fabriqué dans les années 80) et on nous pose toujours plein de questions en nous voyant photographier avec. La première question reste cependant toujours la même : « mais pourquoi photographier à l’argentique ? » À l’ère du numérique, c’est un choix qui surprend toujours 😉

Mon père était passionné de photo et d’astrophotographie lorsque j’étais enfant et j’ai le souvenir d’avoir assisté à des poses longues de plusieurs heures qui permettaient de révéler la Voie Lactée et le parcours des étoiles durant la nuit. J’ai toujours trouvé la photographie fascinante et tous mes premiers souvenirs photo étaient à l’argentique !

Plus récemment, je me suis mis à suivre sur Instagram des photographes qui travaillent presque exclusivement à l’argentique (@mrbrock21 pour les paysages, @shotwithfilm pour les portraits et @ioegreer pour un mix des deux) et j’ai tout de suite adoré le rendu de l’argentique, que ce soit dans la gestion des couleurs ou bien grâce au grain si caractéristique des pellicules et de plus en plus à la mode en photo en ce moment.

Dans ma tête, l’argentique c’était plutôt les appareils photo jetables qu’on emmenait en colonie de vacances, avec une photo sur deux floue et des clichés surexposés à cause du flash intégré. Mais j’avais oublié les « vrais » appareils qui se défendent encore vigoureusement contre les appareils photo argentiques aujourd’hui. D’ailleurs, certains photographes de mode ou de mariage ne travaillent qu’en argentique ! C’est le cas de Quentin Simon avec qui nous avions travaillés sur une campagne Maison 123 ou encore Ludovic James Dias et Jules Dalod-Danesi. Difficile alors de distinguer une photo argentique d’une photo numérique sur Instagram, d’autant plus que les filtres comme ceux de VSCO permettent d’imiter le rendu de l’argentique sur des photos numériques.

Alors, que reste-t-il à l’argentique finalement ? Pour moi, il y a quatre atouts principaux qui font que je prends plaisir à shooter en argentique !

La magie de l’appareil

Le premier atout ? L’objet en lui-même qui est beau et plaisant à manipuler. Son look rétro a tout de même plus de charme que les appareils numériques contemporains ! Même si le fonctionnement d’un appareil photo numérique est finalement largement plus complexe que celui d’un appareil photo argentique, je reste subjugué par le fait de pouvoir « figer » une image à l’instant T sur un support physique (la pellicule) en une fraction de seconde. C’est presque surnaturel et je trouve incroyable que l’humain ait trouvé cette solution et l’ai rendu accessible à un grand nombre avant même l’arrivée des smartphones !

Parfait pour se perfectionner

Le second atout c’est la technique. Un argentique ne laisse pas de place à l’erreur ou à l’approximation : notre modèle ne dispose pas d’autofocus et il faut donc faire la mise au point manuellement. Cela demande quelques essais avant de réussir à faire la mise au point correctement. Ensuite, il faut réussir à trouver la bonne exposition : notre appareil calcul l’exposition idéale, mais dans certaines situations (contre-jour ou ombres importantes), il faut corriger l’exposition sans avoir un retour direct sur un écran !

Avec un appareil argentique, le travail de cadreur prend tout son sens : je passe parfois de longues secondes à composer ma photo, alors que sur le Sony, je n’hésite pas à prendre plusieurs photos du même sujet avec différents angles, au cas où. L’argentique ne permet pas cette méthode, puisque les pellicules sont limitées à 24 ou 36 poses. Et quand on connaît le prix de chaque pose, on réfléchit à deux fois avant d’appuyer sur le déclencheur 🙂 Se perfectionner au cadrage et à la gestion de la lumière est très utile aussi quand on reprend son appareil numérique !

Le bruit et les sensations

J’en viens au troisième et dernier atout : le bruit et les sensations ! Appuyer sur le déclencheur, entendre l’obturateur tomber devant la cellule, réarme l’appareil en « déroulant » une partie du film … des sons qui nous propulse quelques décennies en arrière et qui ont tellement de charme ! La symbiose en appareil et photographe est clairement plus palpable qu’avec un appareil numérique !

L’excitation du développement

Aujourd’hui, l’instantanéité de la prise de vue avec un appareil photo numérique enlève parfois un peu le plaisir ! Renouer avec la photo à l’argentique c’est retrouver l’excitation de déposer sa pellicule photo pour la faire développer, et de devoir attendre pour voir le résultat ! Daphné et moi avons tellement hâte de découvrir nos photos à chaque fois que l’on récupère une pellicule !

Quel appareil pour débuter ?

De notre côté, nous avons mis la main sur un Pentax Super ME de 1979 avec son objectif Pentax-M 50 mm f/1.7 SMC. Je ne le savais pas encore à l’époque, mais… c’est le même appareil photo que mon père avait quand j’étais enfant (et qu’il avait donné à mon grand frère quand il avait mon âge) et c’est l’appareil et l’objectif qu’utilise Jonathan Byers dans Stranger Things ! Deux jolies coïncidences 😉

Comme à chaque fois que je m’intéresse à un nouveau sujet, je fais des recherches exhaustives, et le Pentax Super ME s’est révélé être un très bon rapport qualité – prix en tant qu’appareil à objectifs interchangeables avec une bonne disponibilité sur les sites de ventes d’occasions (nous l’avons acheté sur eBay).

Je peux également vous conseiller l’Olympus OM10 et OM1, le Canon AE-1 ou encore le Nikon FM. Le site Ateliers Marinette (basé à Lyon) donne une bonne indication sur les prix pour des appareils révisés et fonctionnels.

À Paris, le Boulevard Beaumarchais regorge de boutiques physiques et certaines ont des modèles à vendre.

Enfin, sur les sites de ventes tels que Leboncoin et eBay, les tarifs sont souvent inférieurs puisque les appareils ne sont pas révisés.

Si vous souhaitez un appareil plus simple d’utilisation (les compacts, qui nécessitent moins de réglages) ou un appareil moins coûteux, je peux aussi vous recommander le Canon AF35M, le Minolta AF-S ou l’Olympus AF-1.

Voici les deux pannes fréquentes à vérifier avant l’achat :

  • la pile qui alimente la cellule (pour le calcul de l’exposition) est vide : pas de souci, la pièce coûte quelques euros seulement ;
  • la cellule est endommagée : passez votre tour à moins que vous ne comptiez faire la mesure de l’exposition manuellement.

Quelles pellicules dans son appareil argentique ?

Il existe de nombreuses pellicules disponibles, selon le style de rendu que vous souhaitez, selon les ISO (aussi appelés ASA) ou selon si vous souhaitez shooter en couleurs ou en N&B.

Je shoote avec la pellicule Kodak Portra 400 (passe-partout avec un joli rendu), la Fujifilm Superia X-TRA 400 ou la Kodak Portra 160 pour les journées vraiment très ensoleillées (comme c’était le cas à Hawaï par exemple). Je n’ai jamais shooté en noir et blanc, mais on m’a beaucoup recommandé la Ilford HP5 400 et la Kodak 400 Tri-X.

Un petit mot à propos de la sensibilité de la pellicule, exprimée en ISO ou ASA. C’est exactement comme sur un appareil numérique : la sensibilité fait partie des 3 variables de l’exposition, avec la durée d’exposition et l’ouverture de l’objectif. Sauf que sur un argentique, contrairement à un numérique, il n’est pas possible de modifier la sensibilité à la volée : la sensibilité est fonction du film que vous insérez dans l’appareil. En cas de doute, prenez une 400 ISO !

Comment régler l’exposition ?

La plupart des appareils photo argentiques intègrent une cellule qui permet de mesurer la lumière ambiante et ainsi régler la durée d’exposition selon l’ouverture de l’objectif et la sensibilité du film inséré dans l’appareil. Parfois la cellule peut être HS ou avoir du mal à mesurer correctement la luminosité dans certaines situations compliquées (coucher de soleil, contre-jour, etc.). Dans ces cas-ci, il faut parfois corriger manuellement l’exposition depuis l’appareil photo. Mais comment l’exposition doit être corrigée ?

Pour cela, il existe trois méthodes :

  • manuellement, avec l’expérience (la méthode est assez peu efficace si l’on ne connaît pas l’appareil)
  • avec un luxmètre
  • avec l’application Lumu Light Meter sur iOS

Où faire développer ses pellicules ?

Beaucoup de personnes m’ont dit être satisfaites de Negatif+ à Paris pour le développement de leur photos, mais j’ai aussi eu pas mal de retours négatifs sur la qualité des scans (pour passer des négatifs au fichier JPEG sur ordinateur). J’ai donc préféré faire développer nos pellicules chez Processus Photo à Paris et j’en suis très satisfait ! On m’a aussi pas mal recommandé Carmencita Films Lab en Espagne et Diamontino Labo Photo à Bagnolet.

Si vous shootez en N&B, il est « facile » de développer chez vous, dans votre salle de bain. Je n’ai jamais testé, mais ça doit être sympa à faire 🙂

Et vous ?

Et vous, vous avez déjà eu un appareil photo argentique ? C’est quelque chose qui vous donne envie ? Dites-nous si nos photos argentiques illustrant cet article vous ont plu !

Si vous voulez en savoir plus sur le matériel numérique avec lequel nous faisons nos photos et vidéos, vous pouvez également relire cet article sur le sujet !